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Les créatures d'Extrême-Orient

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 24 avr. 2020
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 mai 2020


Il y a 2 ans environ, se tenait au Musée du Quai Branly l’exposition «Enfers et fantômes d’Asie», un ensemble comportant les croyances les plus angoissantes, les plus terrifiantes du continent asiatique. De quoi donner des idées. Dans l’article précédent, nous avons évoqué le mythe du Vampire présent sur les 4 continents. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur les monstres présents depuis l’Extrême-Orient jusqu’à l’Archipel Indonésien.

La Chine :

Depuis les débuts de l’Empire chinois, les empereurs utilisent des créatures surnaturelles comme les dragons pour les représenter. Le peuple chinois aussi est friand de récits fantastiques comportant pleins de bêtes merveilleuses. Mais si certaines de ces créatures peuvent porter bonheur, d’autres en revanche peuvent se révéler malfaisantes. Pour cette liste, nous n’allons pas comptabiliser le roi-singe Sun-Wu Kong du fait du grand nombre de traditions qui l’entourent (je vous en parlerais probablement dans un prochain article) ni le Yéti, à cause de son origine dans le folklore tibétain.

  • Le Bixi (à prononcer « Bi chi ») : c’est un monstre très populaire en Chine. Très rapidement, il est devenu un symbole impérial. Il a l’apparence d’un dragon rouge et vert portant une carapace de tortue. Dans la tradition chinoise, toucher une statue à son effigie est censé porter chance.

  • Le Nian ou Nianshou : c’est une créature malfaisante avec un corps de taureau et une tête de lion à 3 cornes. Ce monstre est à l’origine du Nouvel An chinois : il sortait une fois par an de sa tanière dans les montagnes pour décimer les villages aux alentours. Pour cesser ces carnages, les villageois ont commencer à disposer de la nourriture pour détourner l’attention du monstre. Ils ont fini par découvrir ses points faibles. Le monstre ne supporte pas 3 choses : le feu, le bruit et le rouge. Ils installèrent donc des guirlandes rouges dans tous les villages et commencèrent à allumer des pétards. Le monstre ne revint plus jamais attaquer des villages. Encore aujourd’hui, les chinois défilent déguisés en Nian pour le Nouvel An.

  • Les Mogwai : certains doivent connaître le film « Gremlins », du réalisateur Joe Dante, sorti en 1984. Il met en scène les mogwai, des petits êtres poilus et câlins qui se transforment en monstres affreux dès qu’ils sont nourris après minuit. Ce que certains ignorent, c’est que le réalisateur s’est inspiré de créatures du folklore chinois. Mais les mogwai des légendes chinoises n’ont rien à voir avec ceux du film. C’est en réalité une sorte de démon très puissant dont le plaisir est de nuire aux humains. Le nom Mogwai suffit à justifier ce fait : c’est le mélange du mot sanskrit « Mara » qui signifie « être maléfique » et du mot perse « magi » (qui a donné le mot « magie »). Cependant, le réalisateur a repris un trait de la légende dans son film : les mogwai se multiplient au contact de l’eau.

  • Le Qilin : c’est un animal chinois qui est traditionnellement associé au bonheur et à la chance. Il est représenté généralement avec un corps de cheval constitué d’écailles de poisson et avec des sabots de bronze, avec une tête de dragon surmontée d’une ou deux cornes selon les représentations. Pour cela, il est assimilé à la licorne occidentale. Petite anecdote : en 1414, en revenant d’un voyage en Afrique, le navigateur chinois Zheng He (1371-1433) ramena à la cour de l’empereur Yongle une girafe, croyant qu’il s’agissait d’un Qilin.

  • Gonggong : dans la mythologie taoïste, Gonggong est un monstre à corps de serpent et à tête d’homme qui a dû s’exiler suite à sa défaite contre Zhuanxu (à prononcer Zhouangchou), un des 5 empereurs mythiques. Dans sa colère, il frappe avec sa tête un des 4 piliers soutenant la Voûte Céleste, ce qui a pour effet de faire pencher le ciel et la Terre. C’est comme cela que les taoïstes expliquent l’écoulement des fleuves et le mouvement des étoiles.

L’Archipel Indonésien :

Avec le Japon, l’Archipel Indonésien (Indonésie et Malaisie) est un des endroits où les monstres sont le plus présent dans la culture locale. A cause du grand nombre de monstres, deux exemples notoires seront sélectionnés pour cette liste.

  • La Pontianak : dans le folklore malaisien, c’est une sorte de mort-vivant qui peut s’apparenter aussi aux vampires européens. C’est le fantôme d’une femme morte en couche qui suce le sang et dévore tous les humains à sa portée. Elle agit majoritairement les nuits sans lune. Malgré son apparence qui est celui d’une femme normale, il y a un signe pour la démasquer : il faut entendre des pleurs de bébés aux alentours et les hurlements à la mort d’un chien. Mais elle a aussi la peau anormalement pâle et les yeux rouges.

  • La Krasue : il s’agit aussi d’une sorte de vampire du folklore indonésien. Si elle a l’apparence d’une femme normale le jour, la nuit, sa tête se décroche de son corps pour attaquer ses victimes. En cela elle ressemble à la Nukekubi japonaise à une différence près : les organes de la Krasue sont rattachés au cou quand elle attaque.

Le Japon :

De tous les peuples asiatiques, le peuple japonais est le peuple qui aime le plus se faire peur, si l’on en juge le nombre incalculable d’esprits et de monstres que renferme leurs traditions. Il suffit de voir la « veillée des 100 bougies », un jeu qui remonte à l’époque des Samouraïs et qui consiste à se raconter 100 histoires d’horreurs appelées « Kaidans » tout en éteignant une bougie par histoire. Le gagnant est celui qui raconte la 100èmehistoire dans le noir total. Les Japonais donnent à ces créatures le nom de « Yokai ». Une grande partie de ces créatures ont inspiré les dessinateurs japonais pour écrire des mangas ou réaliser des séries animées comme Naruto ou Pokémon.

  • Yuki-Onna :

Dans les légendes japonaises, Yuki-Onna ou «la femme des neiges» est un yokai qui revêt l’apparence d’une jolie femme avec les cheveux noirs, la peau blanche et les lèvres bleues. Elle attire les voyageurs égarés dans les montagnes avant de les tuer en les congelant avec son souffle glacial. Mais elle peut également se montrer généreuse en laissant certaines de ses victimes s’échapper. Le Pokémon Momartik est inspiré de ce monstre.




  • Yama-Uba :

Dans la mythologie japonaise, c’est une sorcière maléfique qui habite dans les montagnes. Elle a à peu près le même mode opératoire que Yuki-Onna avec qui elle est souvent confondue : elle attire ses victimes en se transformant en jolie femme puis reprend son apparence normale qui est celui d’une vieille femme très laide pour les engloutir avec sa bouche qui est aussi large que sa tête. Cette légende a néanmoins lancé un phénomène de mode parmi les jeunes filles japonaises qui se teignent les cheveux pour lui ressembler.


  • Le Kappa :

Selon les Japonais, c’est un yokai démoniaque qui a l’apparence d’une tortue et qui a pour habitude d’emporter ses victimes sous les rivières, son habitat naturel, pour les dévorer. Mais il a un point faible : il a un creux au-dessus de sa tête où il stocke de l’eau, sa principale source de puissance. Il suffit de le saluer en s’inclinant. Par réflexe, il en fera de même et l’eau qu’il stock dans sa tête se déversera sur le sol, ce qui le rendra inoffensif. Le Pokémon Lombre est inspiré de cette créature.


  • Les Oni :

Il s’agit d’une espèce de yokais démoniaques particulièrement crainte au Japon. Ils sont décrits comme des géants avec une massue, la peau rouge ou bleue, de grandes cornes et des dents acérées. Ils sont assimilés aux ogres occidentaux. D’ailleurs le mot japonais « Oni » peut se traduire par « ogre ». Il s’agit de l’âme d’une mauvaise personne qui se transforme après sa mort et qui torture pour l’éternité les pécheurs en Enfer. Il y a une tradition assez drôle au Japon : celle de fabriquer au cours d’une fête des masques d’Oni avec les traits de la personne qu’on haïe le plus.

  • Kitsune :

C’est sans doute le yokai le plus populaire des légendes japonaises. C’est une créature très intelligente, capable de se métamorphoser mais on le représente principalement sous la forme d’un renard à 9 queues. Il est considéré comme le messager de la déesse de l’agriculture Inari. Les fans de manga feront peut-être le rapprochement avec le manga Naruto, où le héros est possédé depuis son enfance par le démon renard à 9 queues.



  • Les Shinigamis : dans la tradition japonaise, il s’agit des Kami (dieux) de la mort. Mais on ne peut pas les considérer comme des divinités traditionnelles de la mort (c’est-à-dire qui extirpent l’âme du corps) mais comme des divinités psychopompes, c’est-à-dire qui escortent l’âme jusque dans l’Au-delà. On retrouve ces divinités dans bon nombre de mangas. C’est d’ailleurs à cette espèce qu’appartient Ryuk, l’un des personnages du manga «Death Note».

  • Le Wanyudo :

Selon la légende, il s’agit de l’esprit d’un seigneur tyrannique qui martyrisait ses paysans en leur faisant tirer un char à bœufs. Après sa mort, il est chargé de garder les portes de l’Enfer. Il a tendance à effrayer les villageois qui passent trop près de lui et les amène en Enfer avec lui. Il a sans doute inspiré le Pokémon Fantominus.




  • Oiwa :

Dans la culture japonaise, les histoires de fantômes et esprits vengeurs (Yurei en japonais) sont monnaie courante. L’histoire d’Oiwa est une des plus célèbre : Oiwa était mariée à un samouraï désargenté. Pour remédier à ses problèmes d’argent, celui-ci décida de se remarier avec une femme plus riche. Il décida de se débarrasser d’Oiwa en versant de l’acide dans sa crème de nuit. Atrocement défigurée, la jeune femme décida de mettre fin à ses jours en se faisant Hara-Kiri. Après sa mort, elle revint hanter son ex-mari, à tel point qu’il finit par sombrer dans la folie et par massacrer sa seconde femme.

  • Kuchisake-Onna : voilà une autre histoire de fantôme célèbre. Cette légende date sans doute de la période Edo (1603-1868) : Kuchisake-Onna était une femme qui aimait tellement les compliments qu’elle finit par tromper son mari, un samouraï. Ce dernier, pour la punir, voulut lui faire un large « sourire » en lui entaillant la bouche avec un couteau (« Kuchisake-Onna » veut d’ailleurs dire « femme à la bouche entaillée » en japonais). Quoi qu’il en soit, la jeune femme décida de se donner la mort. Depuis, elle hante l’archipel japonais par les nuits de brouillard. Si elle rencontre quelqu’un, elle va commencer par lui demander : « est-ce que je suis belle ? ». Si l’interlocuteur répond non, elle le tue sur le champ et s’il répond oui, elle enlève le foulard qu’elle porte et révèle son monstrueux sourire. Elle lui repose la même question et si l’interlocuteur répond non, elle le coupe en deux et s’il répond oui, elle lui charcute la bouche avec son couteau.



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