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César, l'étoile filante de Rome

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 9 août 2020
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 nov. 2020

Aujourd’hui, quand on parle de César, la première image qu’on a est celle d’un guerrier, d’un conquérant, peut-être un des plus grands de tous les temps. César, c’est avant tout l’homme qui a conquis toute la Gaule (ou presque), celui qui a séduit la reine Cléopâtre. Revenons ensemble sur la vie et la mort de ce grand homme qui a ouvert la voie à la fondation d’un des plus grands empires du monde : l’Empire Romain.

Si fulgurante est l’ascension … :


Buste de César retrouvé à Arles

Caius Julius Caesar dit « Jules César » naît en l’an 100 av. J.-C à Rome. Il vient d’une puissante famille de l’aristocratie romaine. Dès son plus jeune âge, il reçoit une formation de militaire et d’orateur et à 16 ans, il s’engage comme son père dans une carrière politique. À cette époque, la République Romaine a conquis tout le bassin méditerranéen suite à sa victoire sur Carthage. Mais des révoltes grondent dans ces territoires nouvellement conquis et le fossé entre les riches et les pauvres se creuse inexorablement sur le territoire italien.

La République se divise en 2 camps : le Parti Populaire dirigé par Caius Marius, qui est pour un partage équitable des terres entre riches et pauvres, et le Parti Aristocratique dirigé par Sylla, qui protège les intérêts des privilégiés. Bientôt, une guerre civile éclate entre les 2 partis. César est du côté du Parti Populaire car Marius est son oncle. Mais celui-ci meurt en 86 av. J.-C et c’est le beau-père de César, Cinna, qui reprend les rênes du Parti Populaire. Mais en 82 av. J.-C, le Parti Populaire perd la guerre et Sylla devient le maître absolu de Rome. Il commence par pourchasser violemment ses opposants. César est dans une position dangereuse à cause de ses liens de parenté avec les 2 leaders du Parti Populaire. Il décide donc de fuir Rome pour échapper aux purges de Sylla. Il s’engage alors dans l’armée romaine.

En 80 av. J.-C, il part en mission en Asie Mineure pour demander de l’aide au roi de Bithynie, Nicomède IV, pour prendre la ville de Mytilène au roi du Bosphore, Mithridate VI. Les chroniqueurs l’accusent d’avoir eu une aventure avec Nicomède, ce qui lui vaudra le surnom de « reine de Bithynie ». Quoi qu’il en soit, Mytilène est prise et César est décoré de la Couronne Civique, la plus haute distinction de l’armée romaine. Il reviendra à Rome en 78 av. J.-C, date de la mort de Sylla. En -75, alors qu’il est en mission sur la Mer Égée, César est capturé par des pirates qui le retiennent sur l’île de Farmakonisi et demandent une rançon de 20 pièces d’or. Sur la demande de César lui-même, ils haussent la rançon à 50 pièces d’or. Finalement, César est libéré au bout de 6 semaines et jure de se venger. Et comme on dit, la vengeance est un plat qui se mange froid : quelques mois plus tard, il reviendra avec une unité de 500 soldats et fera crucifier ces mêmes pirates.

Finalement, à l’âge de 30 ans, César entame le Cursus Honorum, le parcours qui donne accès à la magistrature romaine. Il commence par une carrière de Questeur (magistrat chargé des finances) en Espagne en 69 av. J.-C. Pendant cette période, il se rapproche de Pompée, le nouvel homme fort de Rome après la mort de Sylla. Il finit par retourner à Rome pour faire une carrière d’Édile (magistrat chargé de l’administration) en 65 av. J.-C. Il se rend très populaire auprès du peuple en organisant les Jeux du Cirque, en traquant les anciens partisans de Sylla et en relevant les statues de Marius.

En 63 av. J.-C, César est élu Grand Pontife, c’est-à-dire chef suprême de la religion romaine, mais il est accusé par ses adversaires politiques d’avoir participé à la Conjuration de Catilina qui a eu lieu la même année. Il sera finalement blanchi. Une fois sa réputation lavée, il est élu consul en 59 av. J.-C, c’est-à-dire qu’il domine la République pour un an. À la même époque, il forme une alliance avec les 2 principales figures de la République Romaine, Pompée et le général Crassus, le grand vainqueur de Spartacus. Cette alliance est surnommée le 1er Triumvirat.

Mais César est en quête de gloire et de prestige militaire. Il choisit donc d’achever la conquête de la Gaule. Il y parvient au bout de 6 ans, en battant le chef gaulois Vercingétorix. Mais en revenant à Rome, le Triumvirat est compromis : en 53 av. J.-C, Crassus meurt au combat en Asie Mineure. Très vite,

César franchissant le Rubicon

César et Pompée deviennent rivaux. Un incident va mettre le feu aux poudres : au mois de janvier de l’an 49 av. J.-C, César revient d’une expédition punitive en Gaule. Pour rentrer en Italie, il a besoin de franchir le fleuve Rubicon. Or, la législation romaine interdit à un général de traverser ce fleuve avec son armée. Mais César n’en a cure et dans la nuit du 11 janvier de l’an 49 av. J.-C, il traverse le fleuve avec ses légions en prononçant la célèbre phrase : « Alea jacta Est » (« Les dés sont jetés »). César devient donc hors-la-loi. Pompée est missionné par le Sénat pour sauver la République et s’empresse donc de déclarer la guerre à son rival. César finit par s’emparer du port de Rimini et conquiert l’Italie en 3 mois. Pompée lève alors des légions à Capoue et part se réfugier en Grèce. César part tout d’abord en Espagne et met hors d’état de nuire les 7 légions de Pompée stationnées à l’Ouest. Ensuite, il part à la poursuite de Pompée qui s’est enfermé dans la ville de Dyrrachium.

Au bout de 4 mois de siège, César lève le camp et se dirige vers la Thessalie où il attire Pompée. La bataille décisive a lieu à Pharsale le 6 juin de l’an 48 av. J.-C. Les troupes de Pompée sont écrasées par celles de César. Pompée est obligé de s’enfuir en Égypte pour obtenir le soutien du pharaon Ptolémée XIII. César se rend donc en Égypte à la poursuite de son rival. Mais une fois arrivé à Alexandrie, Ptolémée fait dont à César d’un cadeau macabre : la tête tranchée de Pompée sur un plateau. En effet, en cachant Pompée, Ptolémée craint les représailles de César. Sur le conseil de ses ministres, il le fait assassiner. On raconte que César se met à pleurer en voyant la tête de Pompée.

Mais César s’engage alors dans un nouveau conflit, cette fois comme médiateur : à cette époque, Ptolémée XIII est en guerre ouverte avec sa sœur, la reine Cléopâtre. Celle-ci vient solliciter l’aide de César. Le conquérant se laisse séduire par la reine d’Égypte et prend son parti. Les 2 amants essuient une 1ère défaite à l’intérieur du Phare d’Alexandrie où César faillit perdre la vie. Mais en mars de l’an 47 av. J.-C, César et Cléopâtre finissent par mettre en déroute Ptolémée XIII qui se noie dans le Nil. L’Égypte devient donc un protectorat romain.

César n’a pas le temps de se reposer. Le roi du Bosphore, Pharnace II, a profité de la guerre civile entre César et Pompée pour reconquérir tous les territoires qui lui ont été pris par les Romains. En

Bataille de Thapsus

signe de provocation à la République, il fait soit massacrer, soit castrer tous les citoyens romains présents sur ses terres. L’affrontement a lieu près de la ville de Zéla, dans l’actuelle Anatolie. À l’issue de la bataille, Pharnace est battu et détrôné. On raconte qu’à la fin de la bataille, César aurait dit ces mots : « Veni, Vidi, Vici » (« Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu »).

Mais il reste encore une dernière épreuve pour César : les derniers soutiens de Pompée, les sénateurs Metellus Scipion et Caton l’Ancien se sont réfugiés en Afrique du Nord où ils ont reçu l’aide du roi de Maurétanie, Juba 1er. L’affrontement a lieu en 46 av. J.-C, à Thapsus, en Tunisie. Les troupes de César écrasent l’armée adverse. Juba et Scipion meurent dans la bataille et Caton se suicide. César est le maître absolu de Rome.

… Plus dure sera la chute :

La même année, César entre à Rome triomphalement après ses nombreuses victoires militaires. Il est nommé dictateur à vie, ce qui veut dire qu’il est le maître de la République pour le restant de ses jours. César se plaît à porter la couronne de laurier : officiellement, pour montrer sa divinité mais officieusement, pour cacher sa calvitie. Il adore aussi teindre sa peau en rouge, couleur de Jupiter. Il réforme même le calendrier et met en place les 12 mois que nous connaissons.

Mais comme vous vous en doutez, cette situation ne ravit pas tout le monde et, en particulier, les sénateurs qui s’inquiètent de sa montée en puissance. Pire, ils le soupçonnent de vouloir devenir roi. Dans son dos, une conspiration se forme. Le pire, c'est que la majorité des comploteurs doivent tout à César (leur carrière politique, leur richesse, etc...). Le matin du 15 mars de l’an 44 av. J.-C, César se réveille après une nuit agitée. Son devin personnel le prévient de ne pas se rendre au Sénat car la fête des Ides de Mars pourrait lui être funeste. César aurait répondu au devin : « Regarde, elles sont bien là ces Ides de Mars et rien n’est arrivé ! » et le devin lui aurait rétorqué : « Prends garde César ! Les Ides de Mars sont là mais elles ne sont pas terminées. ». Pour ne rien arranger, la femme de César, Calpurnia, a rêvé de la mort de son mari. Devant tous ces signes, César renonce à aller au Sénat. Mais les comploteurs envoient l’un des leurs, un proche de César, pour convaincre ce-dernier de se rendre au Sénat. Il finit par le convaincre en lui demandant ce que diraient ses ennemis s’ils apprenaient qu’il ne vient pas au Sénat parce que sa femme a fait un cauchemar.


Assassinat de César

César s’assied tout juste à sa place lorsqu’un sénateur qui fait partie du complot s’approche pour demander la grâce de son frère qui est en exil. César le recale et en réaction, le sénateur lui arrache sa toge. C’est le signal : aussitôt, un conjuré frappe César d’un coup de poinçon dans le dos, suivi d’à peu près 23 sénateurs. C’est Brutus, le fils adoptif de César, qui porte le coup fatal. En voyant cet homme, qu’il considérait comme son fils, parmi ses assassins, César s’écrie : « Tu Quoque Mi Fili » (« Toi aussi mon fils ! ») avant de se couvrir le visage de sa cape et de tomber. Encore aujourd’hui, cette phrase demeure un mystère : des chercheurs prétendent que cette phrase est due à la surprise de César à la vue de Brutus parmi les assassins mais d’autres prétendent que cette phrase est une malédiction : « qu’il t’arrive la même chose à toi aussi mon fils ».

Ironie de l’Histoire, César s’effondre et meure aux pieds de la statue de Pompée, son ennemi qu’il a battu 4 ans plus tôt. Après l’assassinat, les meurtriers annoncent publiquement leur crime sur le Forum Romain mais au lieu de s’attirer le soutient du peuple, ils ont récolté l’inverse : sa haine. Bientôt, Octave, le neveu de César éliminera tous ses rivaux et fondera l’Empire (pour en savoir plus, consultez l’article sur les Julio-Claudiens).

Durant l’été qui suivit le drame, une comète brilla pendant 1 semaine dans le ciel de Rome. Les Romains prétendirent que c’est l’esprit de César qui rejoignait le ciel. Durant des siècles, le titre de « César » sera repris par de multiples empereurs. Les mots « Tsars » et « Kaiser » vient d’ailleurs de César.

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