La 1ère Guerre Mondiale, les liaisons dangereuses
- Ilias B.
- 12 avr. 2020
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 avr. 2020

En 1914, La 1ère Guerre Mondiale éclate. Pendant près de 4 ans, ce conflit va embraser le monde et voir la destruction de grandes puissances et la création de nouveaux états. Revenons sur ce conflit qui a changé l’Histoire :
Contexte Historique :

La 1ère Guerre Mondiale a de multiples causes (nous y reviendrons plus tard) mais pour mieux comprendre les enjeux du conflit, il faut faire un peu de géopolitique et se replonger dans le contexte historique. En 1914, l’Europe est méconnaissable.
Pour commencer, la France a vu ses frontières redessinées depuis la guerre Franco-Prussienne de 1870 et la défaite de Napoléon III à Sedan qui a vu la fin du Second Empire : elle a perdu les départements de l’Alsace et de la Lorraine au profit de l’Empire Allemand.
Ensuite, l’Allemagne est beaucoup plus grande qu’aujourd’hui, étant donné qu’elle s’étend sur une partie de la Pologne.
D’ailleurs, si on cherche la Pologne sur une carte de cette époque, elle n’y figurera pas étant donné qu’elle n’existe pas encore. A l’époque elle est grignotée par 3 grandes puissances : l’Allemagne, la Russie impériale et l’Empire Austro-Hongrois.
La République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine n’existent pas non plus. Ces états font encore partit de l’Autriche-Hongrie.
Dans ce climat d’avant-guerre, des tensions territoriales apparaissent : l’Empire Austro-Hongrois désire étendre sa domination sur la Serbie où des groupuscules révolutionnaires ne manquent pas d’inquiéter l’empereur François-Joseph (1830-1916) alors à la tête de l’Empire. Mais l’Autriche Hongrie n’est pas la seule puissance à se sentir à l’étroit : l’Allemagne souhaite se constituer un empire beaucoup plus vaste.
A l’époque, tous les grands états ont de vastes empires coloniaux, les plus grands étant celui du monde anglo-saxon qui s’étend sur l’Afrique, L’Asie et l’Océanie et celui de la France qui s’étend sur l’Afrique et en Asie du Sud-est. L’Allemagne, quant à elle, a un empire colonial qui n’est pas très vaste (4 pays africains, une partie de la Papouasie et quelques atolls dans le Pacifique). L’Allemagne veut donc, elle aussi, sa part dans le gâteau colonial.
Et puis, bien avant la guerre, il y a un jeu des alliances. 2 camps se forment : la Triple-Entente (la France, l’Angleterre et la Russie) et les Empires Centraux (l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche-Hongrie et l’Empire Ottoman). En 1914, toute l’Europe est tendue.
Origines du conflit :

Pour comprendre les origines de la 1ère Guerre Mondiale, il faut se reporter en 1815 : Cette année-là, Napoléon Ier est battu à Waterloo par les Anglais et chassé de son trône. Malgré cette victoire, l’Angleterre n’est pas satisfaite : depuis un certain temps, elle se méfie d’une autre puissance, l’Allemagne, qui sort grandie de sa victoire contre Napoléon III. L’Angleterre va désormais tout faire pour casser la puissance de l’Allemagne. C’est également à cette époque que débute la découverte du Moyen-Orient et que les occidentaux trouve du pétrole. Dès lors, commence une nouvelle guerre, celle pour le monopole de « l’or noir ». Un élément va inquiéter particulièrement l’Angleterre : l’Allemagne est en passe de gagner ce combat car, grâce à sa relation privilégiée avec l’Empire Ottoman qui domine une grande partie du monde arabe, une ligne de chemin de fer chargée d’acheminer le pétrole oriental est construite entre les 2 puissances. L’Angleterre décide alors de s’attaquer à l’Allemagne : le gouvernement anglais réussi à « titiller » le nationalisme serbe, grâce à un vaste réseau d'espionnage, ce qui aboutira à ce résultat : le 28 juin 1914, alors qu’il effectue un voyage officiel à Sarajevo avec sa femme, l’archiduc François-Ferdinand l’un des seuls héritiers du trône Austro-Hongrois est assassiné par un jeune bosniaque nationaliste. L’attentat est attribué aux nationalistes serbes et le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Mais la Russie, alliée de la Serbie, mobilise ses troupes pour la défendre. Le 1er août, l’Allemagne, inquiétée par ces mouvements de troupes, déclare la guerre à la Russie. La France, quant à elle, est divisée en 2 camps : les pacifistes dirigés par l’homme politique Jean Jaurès et les bellicistes. Jaurès est assassiné par un belliciste le 31 juillet 1914 et 3 jours après, le 3 août 1914, la France entre en guerre contre l’Allemagne. En quelques jours, le monde est en guerre.
Le déroulement du conflit :
Dès le 15 août en France 3,6 millions d’hommes sont réquisitionnés. Beaucoup de soldats pensent que la guerre sera courte et qu’ils reviendront avant Noël. Les troupes françaises dirigées par le général Joffre mettent en place un plan : envoyer en masse les troupes au Nord-Est pour reprendre l’Alsace et la Lorraine en profitant du fait que l’Allemagne sera occupée à repousser les troupes russes à l’Est. C’est le plan 17. Mais il y a un problème : de leur côté aussi, les Allemands ont prévu un plan : ils vont profiter de la lenteur de l’avancée des troupes russes sur les frontières allemandes pour déployer leurs forces sur les frontières françaises. C’est le plan Schlieffen. Les Allemands décident de contourner les troupes françaises en passant par la Belgique. Mais à peine sont-ils entrés en Belgique que l’Angleterre entre en guerre contre l’Allemagne. Le 24 août 1914, l’armée allemande passe les frontières françaises et le 3 septembre, elle se trouve à 30 km de Paris. Cette avancée très rapide provoque une grande migration vers le sud de la part de la population parisienne et le déplacement du gouvernement français à Bordeaux. Mais un nouveau
bouleversement va avoir lieu : l’aviation française rapporte que les Allemands dévient de leur route et se dirigent vers la Marne. L’armée française, forte de cette information, va les attendre. Le 6 septembre 1914, commence une des batailles les plus célèbres de la 1ère guerre mondiale, la bataille de la Marne. Au début épuisés et débordés, les Français ouvrent une brèche dans les défenses allemandes en lançant à toute allure et par surprise les taxis réquisitionnés par l’armée. C’est l’épisode des « taxis de la Marne ». C’est la fin du plan Schlieffen.
Vers la fin de l’année 1914, le front s’étend sur 800 km, de la mer du Nord jusqu’à la Suisse. A partir de novembre 1914, une nouvelle tactique de combat est adoptée : la guerre de mouvement, le fait d’aller à la rencontre de l’ennemi, laisse place à la guerre de position, le fait de s’abriter dans des tranchées pour scruter chaque mouvement de l’ennemi.

De nombreuses lettres de soldats français, dorénavant appelés « poilus », relatent l’horreur des tranchées : les soldats attendent dans la boue et dans le froid l’attaque surprise de l’ennemi avec la peur au ventre. La nourriture manque cruellement et ils sont obligés de se nourrir avec tout et n’importe quoi.

L’Empire Ottoman et la Bulgarie rejoignent officiellement le camp des Empires Centraux dans le conflit à partir de 1915. 1916 est une année pleine de rebondissements : il y a notamment la célèbre bataille des Dardanelles qui oppose les forces ottomanes aux forces britanniques et françaises en janvier 1916. La Triple-Entente accueille quant à elle la Roumanie et l’Italie (neutre jusqu’en 1915). Bientôt, même les habitants des colonies sont appelés à se battre en Europe (on a un exemple avec les Zouaves en Algérie et les tirailleurs sénégalais). Durant la guerre, l’Allemagne subit un coup avec la perte du Togo et du Cameroun. Elle décide de riposter en tentant de soulever l’Afrique du Nord contre la Triple-Entente. En réaction, l’Angleterre va faire imploser l’Empire Ottoman de l’intérieur en envoyant le diplomate T.E Lawrence, plus connu sous le nom de « Lawrence d’Arabie » pour créer des révoltes partout dans le monde arabe contre le Sultanat Ottoman. Les Allemands décident d’en finir et le 21 février 1916, ils décident d’attaquer, depuis la ville de Verdun, point d'assaut le plus direct pour prendre Paris. Après près de 10 mois de combats, l’armée française remporte la victoire au prix de milliers d’hommes. Suivra ensuite la non moins célèbre victoire française de la Somme. Les soldats commencent à en avoir marre et des mutineries commencent à éclater. 554 mutins furent exécutés.
En 1917, les Allemands optent pour une nouvelle stratégie : faire un blocus maritime en coulant tout ce qui flotte, notamment des navires américains. Ils espèrent aussi que la chute du Tsar en Russie permettra le retrait des troupes russes mais ils se trompent : la paix ne sera signée qu’en mars 1918. En 1917, un nouveau coup de théâtre a lieu : après qu’un sous-marin allemand ait coulé un paquebot américain du nom de « Lusitania », les États-Unis rentrent dans le conflit contre l’Allemagne. Les soldats américains vont aider la Triple-Entente à reprendre du terrain avec une arme nouvelle : le char d’assaut.
Le 11 novembre 1918, l’Armistice est signée dans un wagon à Rethondes dans la forêt de Compiègne. C’est la fin de la 1ère Guerre mondiale.
Bilan du conflit :

Suite à ce conflit, 3 grandes puissances disparaissent :
L’Empire Ottoman, en proie à son démantèlement par les puissances occidentales, finit par disparaître en 1926.
L’empereur austro-hongrois Charles 1er est contraint de s’exiler suite à la défaite allemande, dissolvant ainsi son empire.
Le Kaiser Guillaume II est contraint d’abdiquer le 28 novembre 1918. C’est la fin de l’Empire Allemand.
En 1919, l’Allemagne est reconnue comme responsable de la guerre avec la signature du traité de Versailles et est soumise à plusieurs conditions que certains Allemands considèrent comme un « diktat ».
Mais des décombres des grands empires surgissent 8 nouveaux états dont la Pologne, la Yougoslavie, les États Baltes et la Tchécoslovaquie. C’est à cette époque que naît l’ancêtre de l’ONU, la SDN (Société Des Nations) selon la volonté du président américain Thomas Woodrow Wilson. Le bilan de la Grande Guerre est désastreux :
10 millions de tués dont la majorité sont des civils.
20 millions de soldats blessés.
3 millions de veuves.
6 millions d’orphelins.



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