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La fresque du Jugement dernier - Michel-Ange

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 26 mars 2020
  • 4 min de lecture

En plus d’avoir réalisé le plafond de la Chapelle, Michel-Ange a réalisé un autre chef-d’œuvre : la gigantesque fresque dite du « Jugement Dernier ». Cette œuvre représente le point culminant de la Bible : la Grande Résurrection, la montée des Élus au Ciel et la Chute des damnés en Enfer. L’œuvre est divisée en 5 parties distinctes :


Le retentissement des trompettes :

Au centre de la fresque un groupe de 11 anges sont perchés sur un nuage. 8 anges soufflent dans leur trompette, signal de la fin des temps. Les 3 autres anges : le 1er brandit un grand livre sur le côté droit, en direction des damnés ; un 2ème ange, qui se trouve derrière lui, passe sa tête au-dessus de son épaule. Le 3ème est en train de brandir un petit livre sur le côté gauche, celui des Élus. On comprend que le grand livre est le Livre du Mal et que le petit livre est le Livre du Bien. La taille des livres est symbolique : elle exprime le fait qu’il est plus rare que l’Homme fasse une bonne action plutôt qu’une mauvaise.

La Résurrection des Morts :

Dans cette scène, les morts s’extirpent péniblement de leurs tombes. Les âmes reviennent sous forme de squelettes pour réintégrer leur corps. À gauche, un religieux étend sa main en signe de bénédiction sur un ressuscité. En haut à gauche, un ange et un démon sont en train de se battre pour 2 personnes. L’ange essaie de tirer un ressuscité vers le Ciel et un démon essaie d’entraîner un ressuscité en Enfer en lui tirant les cheveux. À droite, il y a une sorte de grotte avec une lueur orange à l’intérieur et des démons qui observent avec envie les gens qui ressuscitent. On comprend qu’il s’agit de l’entrée de l’Enfer.

La montée des Élus au Ciel :

Juste au-dessus de la Résurrection des Morts, des ressuscités s’élèvent vers le Ciel. On comprend que ce sont les Élus, ceux qui n’ont fait que des bonnes actions dans leur vie. Ils ont une mine réjouie et sont accueillis à bras ouverts par des anges et par leurs proches qui les aident à se hisser sur des nuages.

Le Royaume de Dieu :

Le Royaume de Dieu se trouve tout en haut de la fresque. Au milieu du Royaume, le Christ siège en Majesté et lève le bras en signe de bénédiction. Au niveau de son torse, il y a la marque de la Saint Lance et, sur ses pieds et ses mains, la marque des clous. À ses côtés siège sa mère, Marie. Elle semble regarder quelque chose à sa gauche.


À la gauche du Christ, nous pouvons voir :

  • A côté de Marie, St André porte la croix sur laquelle il a été crucifié, en forme de « X », qui porte son nom.

  • A côté de St André, St Jean-Baptiste, reconnaissable à la peau de bête qu’il porte.

  • Aux pieds du Christ, St Laurent porte un gril, instrument de son martyr.

  • A côté de St Jean-Baptiste, une allégorie de la Maternité. Elle est reconnaissable à la femme qui se blottit contre elle.

A la droite du Christ, nous pouvons aussi voir :

  • A l’opposé de St Laurent, St Barthélémy tient, dans sa main gauche, le couteau qui a servi à l’écorcher et, dans sa main droite, il tient sa propre peau. Certains reconnaissent dans cette peau un autoportrait caché de Michel-Ange.

  • A côté du Christ, St Pierre, reconnaissable aux clés qu’il a dans la main et qui sont celles du Paradis.

  • Aux côtés de St Pierre, St Paul, reconnaissable à sa tunique rouge.

  • Aux pieds de St Pierre, St Simon porte la scie qui a servi à le couper.

  • A côté de St Simon, St Dismas, le Bon Larron, porte sa croix avec la planche transversale tordue.

  • A côté de St Dismas, St Blaise de Sébaste porte les dents en fer qui ont servi à le déchirer.

  • Aux pieds de St Blaise, Ste Catherine d’Alexandrie porte la roue dentée à laquelle elle avait été condamnée mais qu’elle a détruit avec la force de sa foi.

  • A côté de Ste Catherine St Sébastien porte les flèches qui ont servi à le transpercer.

  • En haut de St Sébastien, Simon de Cyrène, l’homme qui a aidé le Christ à porter sa croix pendant la montée au calvaire. Il reproduit ce geste en portant une grande croix.

Tout en haut du Royaume, des anges portent les instruments de la Passion du Christ : la Croix, la Couronne d’Épines, la Sainte Lance et la Colonne sur laquelle il a été flagellé.

L’Enfer :

L’Enfer commence en haut à droite. Des anges frappent violemment les damnés pour les faire chuter. Un peu à part, un homme pose une main sur son visage, de désespoir, pendant que deux démons s’agrippent à ses jambes pour l’entraîner en Enfer et qu’un serpent démoniaque lui mord la cuisse. Un peu plus en bas, une foule de damnés sort d’une grande barque pendant qu’un personnage démoniaque les frappe à coup de rames. Nous pouvons deviner que ce personnage est Charon, celui qui fait passer les morts aux Enfers dans la mythologie gréco-romaine. A leur arrivée, les damnés sont attirés dans une antre par des démons qui semblent être dirigés par le personnage à l’extrême droite. C’est Minos, le juge infernal de la mythologie gréco-romaine. Cette scène est inspirée majoritairement par la « Divine Comédie » de Dante. Le portrait de Minos a une histoire : pendant que Michel-Ange peignait, il reçut la visite du maître des cérémonies pontificales, Biagio da Cesena. Choqué par la nudité des personnages de la fresque, Cesena déclara que cette fresque était plus faite pour décorer une taverne qu’une chapelle pontificale. Vexé par cette remarque, Michel-Ange peignit Minos avec ses traits, l’affublât d’oreilles d’âne et lui donna en quelque sorte ce qu’il voulait : il cache sa nudité avec un serpent. Quand Cesena s’en rendit compte, il alla immédiatement se plaindre au Pape. Le Souverain Pontife, amusé, déclara en riant : « Vous savez que j’ai tout pouvoir dans le ciel et sur la terre, mais je ne puis vous tirer de l’enfer ; ainsi donc restez-y. »

Non, vraiment, la vengeance de Michel-Ange pouvait être terrible.

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