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La mort de Sardanapale

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 13 août 2020
  • 3 min de lecture

Il y a plus de 150 ans disparaissait l’un des plus grands génies de la peinture française, Eugène Delacroix. En son hommage, cet article sera dédié à son tableau le plus célèbre : la Mort de Sardanapale.

L’Histoire de l’œuvre :

Pour comprendre pourquoi Delacroix a peint ce tableau, il faut aller en 1821 : l’Europe est alors plongée dans la période artistique appelée le Romantisme. Cette année-là, le poète anglais Lord Byron publie sa pièce tragique « Sardanapalus ». La pièce fait sensation, notamment auprès du jeune Delacroix. L’artiste se sert alors de cette pièce pour le thème de son tableau.

Il commence à peindre son tableau en 1827. Il l’expose au Louvre la même année. La création de cette œuvre intervient aussi dans le contexte d’une lutte, celle entre le Romantisme et le Néo-classicisme. En effet, c’est cette année que Jean-Dominique Ingres, le chef de fil du Néo-classicisme, expose son « Apothéose d’Homère ». La « Mort de Sardanapale » est une sorte de contre-attaque destinée à briser les codes artistiques imposés par les Néo-classiques.

Dès le début, la toile fait scandale. Le public la perçoit comme une provocation, notamment à cause de sa composition qui va à l’encontre des codes artistiques de l’époque et à cause de la nudité, très présente dans le tableau. Mais au fil du temps, le scandale et le dégoût se sont transformés en admiration et en fascination. Depuis 1921 et jusqu’à aujourd’hui, la « Mort de Sardanapale » est exposée dans le Département des Peintures du Musée du Louvre. C’est d’ailleurs une des peintures les plus illustres du Musée.

Description de l’œuvre :

Comme je l’ai dit plus tôt, la scène représentée est tirée du « Sardanapalus » de Lord Byron, qui s’est lui-même inspiré des travaux de Ctésias de Cnide, un historien grec du Vème siècle av. J.-C :

Sardanapale était un roi assyrien du VIIème siècle av. J.-C., connu pour sa grande cruauté et ses mœurs dissolues. Étant assiégé dans son propre palais par ses ennemis et sachant qu’il allait perdre son trône, ce-dernier préfère mettre fin à ses jours en incendiant son palais. Mais avant de passer à l’acte, il fait supprimer tout ce qui a pu lui procurer du plaisir dans sa vie, c’est-à-dire ses esclaves, ses chevaux, son or et ses concubines.


L’atmosphère qui se dégage de la scène est désordonnée, chaotique : les courbes des personnages et des objets sont entrelacées, l’œil du spectateur se perd et ne sait pas où se poser. Nous pouvons décomposer cette scène en 3 plans :

Au 1er plan, nous pouvons voir un esclave noir poignarder un des chevaux de Sardanapale. Le cheval a l’air effrayé, il se cabre pendant que l’esclave lui plante sa dague dans le cœur. Un peu plus au centre, nous voyons une esclave mourante au pied du lit de Sardanapale. Ses yeux sont à demi-fermés et elle a l’air sereine. Un peu plus à droite, nous pouvons voir un esclave agenouillé sur un coussin en train d’égorger une concubine. L’esclave jette un regard féroce à sa victime pendant qu’elle tente vainement de résister. Enfin, à l’extrême-droite du tableau, un homme à l’air implorant est en train de tendre sa main vers Sardanapale. Dans son regard, on peut lire l’horreur et la pitié. Sur tout le 1er plan, des objets précieux (vases, colliers, armes, etc…) sont disséminés de telle sorte qu’on ne peut vraiment distinguer ces objets les uns des autres qu’en regardant minutieusement le tableau.

A présent, analysons le 2nd plan. Tout d’abord, nous pouvons voir à gauche 4 esclaves : l’une tient un paravent en plumes de paon, l’autre tend un plateau avec une carafe et un verre doré à Sardanapale tandis que les 2 autres sont effondrées, en pleine lamentation sur le côté gauche du lit.

Ensuite, un peu plus au centre, nous pouvons voir Sardanapale allongé sur son lit. Il revêt une robe de chambre blanche et porte sur sa tête un bonnet, blanc également, surmonté d’un diadème doré. Pendant que tout est chaos, mort et destruction autour de lui, on peut lire sur son visage calme et sérénité. On dirait même qu’il semble apprécier le spectacle autour de lui, ce qui ajoute de l’intensité dramatique à la scène. À ses pieds, une de ses concubines gît, inanimée. On ne sait pas vraiment si elle est morte ou si elle implore Sardanapale d’arrêter le massacre.

Enfin, un peu plus à droite, on peut voir un esclave dégainer la dague de son fourreau, s’apprêtant à poignarder une des concubines attachée à une colonne, pendant qu’une autre, affalée sur le lit de Sardanapale, tend son bras pour l’empêcher de commettre son action. Finalement, sur le 3ème plan on peut voir le début de l’incendie et la fumée abondante qui s’en dégage, donnant au tableau une ambiance brumeuse et chaotique.

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