La République Populaire de Chine : Comment l'Empire du Milieu est devenu communiste
- Ilias B.
- 1 oct. 2020
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 oct. 2020
En 1949, Mao proclamait officiellement la République Populaire de Chine. Mais comment ce jeune paysan idéaliste a pu faire de son pays un des plus grandes puissances de l’époque moderne ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article :
De la révolution à la guerre civile :

En 1911, à la veille de la 1ère Guerre Mondiale, cela fait plus de 200 ans que la Dynastie Qing règne sur la Chine. Mais la vieille dynastie est considérablement affaiblie par les 2 guerres de l’Opium, par les incursions étrangères sur son territoire et par sa défaite face au Japon en 1895. Malgré de nombreuses tentatives de réforme, les Qing n’arrivent pas à supprimer l’ancien régime féodal. Cette situation génère le mécontentement du peuple chinois. Le 10 octobre 1911, une révolte éclate dans la région de Hubei. C’est le début de la Grande Révolution Chinoise de 1911. Bientôt, la contestation s’étend vers d’autres provinces chinoises.
Le 1er janvier 1912, alors que les Qing essaient tant bien que mal de stopper la propagation de la révolte, les insurgés proclament au sud-est du pays la République de Chine avec comme président provisoire

Sun Yat-Sen, chef d’un partie politique nationaliste appelé le Tongmenghui. Pire, certaines provinces chinoises se proclament indépendantes comme la Mongolie et le Tibet.
Devant cette situation, les Qing font appel au général Yuan Shikai pour commander les troupes impériales. Mais celui-ci ne peut que constater la décrépitude de l’Empire des Qing et décide de négocier avec les révolutionnaires. Ceux-ci obtiennent l’abdication du jeune empereur Pu-Yi le 12 février 1912. C’est la fin de l’Empire Chinois. C’est un chapitre de plus de 1600 ans d’histoire impériale qui se clôt ainsi pour la Chine.
La République de Chine est officiellement proclamée et Yuan

Shikai devient de 1er président de la République de Chine. Mais aussitôt devenu président, Yuan Shikai s’autoproclame «empereur» en 1915. Face à la colère du peuple, il abdique l’année suivante et décède de maladie peu de temps après.
La proclamation de la République et la tentative de restauration de l’Empire plongent la Chine dans le chaos. Le pays est déchiré par la guerre civile avec le Nord, commandée par plusieurs chefs de guerres et le Sud qui est sous le contrôle de la République. C’est le début de la période des Seigneurs de guerre. Pour ne rien arranger, les grandes puissances étrangères vont profiter de l’instabilité chinoise pour piller les ressources du pays.
La Naissance de la République Populaire de Chine :

La République est maintenue avec Sun Yat-Sen comme nouveau président. Ce-dernier est devenu entre-temps chef du Kuomintang (KTM), un parti républicain et nationaliste qui est né après l’avènement de la République. En 1921, un nouveau parti politique voit le jour : le PCC, le Parti Communiste Chinois. En 1917, les grandes idées de Karl Marx sont parvenues par le biais de la Révolution Bolchévique et de Lénine jusqu’à la Chine, voisine de l’U.R.S.S naissante, et ont touché beaucoup de monde. Parmi les membres du tout jeune PCC, figure un certain Mao Zedong.

Né en 1893 dans une famille paysanne pauvre, le jeune homme, qui a vécu la brutale décadence de la dynastie Qing et a été témoin des inégalités sociales présentes dans le pays, s’est engagé à 19 ans dans les troupes républicaines et a participé à la chute de l’Empire. Il est très vite séduit par l’idéologie communiste et devient un des co-fondateurs du PCC avec Chen Duxiu et Li Dazhao. Rapidement, il devient un des membres les plus éminents du parti. Le PCC va surtout se développer dans la région du Canton, où des pôles d’industrialisation et des syndicats sont apparus. Voyant une opportunité de gagner la guerre civile et sur les conseils de l’U.R.S.S de Staline, Sun Yat-Sen fait du PCC unes branches principales du Kuomintang, malgré le fait que les 2 partis politiques ont des valeurs différentes.
La 2ème Révolution chinoise débute : le PCC et le Kuomintang vont soulever les paysans et les ouvriers du nord contre l’autorité des Seigneurs de guerre. Mais en 1925, cette alliance est

compromise : Sun Yat-Sen meurt et c’est le général Tchang Kaï-Chek qui est nommé pour le remplacer à la tête du Kuomintang. Dès 1926, ce-dernier opère une grande purge anti-communiste au sein du Kuomintang. Deux ans plus tard, en 1928, Tchang Kaï-Chek mobilise des troupes, reprend le nord et réunifie la Chine. C’est la fin de la période des Seigneurs de guerre.
Mais Tchang Kaï-Chek a précipité la Chine de Charybde en Scylla en évinçant les Communistes du pouvoir : une nouvelle guerre civile éclate. Les Communistes choisissent comme place forte la ville de Yan’an, dans le Nord, et regroupent plus de 10000 combattants, créant ainsi l’Armée Rouge Chinoise. Au début, ils essuient de nombreuses défaites face aux troupes nationalistes. Mais Mao redonne le moral à ses troupes en élaborant son propre courant du communisme : le Maoïsme.
Cette doctrine se base essentiellement sur l’investissement du monde paysan et de la classe ouvrière. Cependant, les camps communistes et nationalistes sont obligés de faire alliance et de

faire front commun face à l’invasion et l’occupation de la Chine par le Japon en 1937, provoquant le début de la 2nde Guerre Mondiale en Asie.
Tout de suite après la capitulation du Japon en 1945, le conflit reprend. Cette fois, les camps nationalistes et communistes bénéficient chacun du soutien d’un allié de poids : les Nationalistes et Tchang Kaï-Chek reçoivent le soutien des États-Unis et les communistes et Mao reçoivent l’aide de l’U.R.S.S (on est au début de la Guerre Froide, rappelons-le).
Dans un 1er temps, les Nationalistes, mieux armés, prennent le dessus sur les Communistes. Tchang Kaï-Chek accède au poste de président de la République de Chine officiellement en avril 1948.
Mais Mao en profite pour mettre en place sa stratégie, qui consiste à avoir ses ennemis par l’usure. Il décide donc de tout faire pour prolonger le conflit et épuiser ainsi les Nationalistes. Sa tactique est payante étant donné qu’en 1948, les Communistes remportent bataille sur bataille. Les nombreux revers du camp nationaliste pousse Tchang Kaï-Chek à démissionner de son poste de président de la République le 21 janvier 1949.

Neuf mois plus tard, le 1er octobre 1949, la victoire de Mao et de ses troupes est officielle et la République Populaire de Chine est proclamée ce jour-là. Lâché par les Américains et poussé à l’exil, Tchang Kaï-Chek s’empare de l’île de Formose (l’actuelle île de Taïwan), qui était une possession de la Chine, proclame son indépendance et y instaure la « République de Chine » le 1er mars 1950. Il instaurera à Taïwan un régime dictatorial pendant 25 ans, jusqu’à sa mort le 5 avril 1975.
Jusqu’à aujourd’hui la République Populaire de Chine et l’État de Taïwan ne se reconnaissent pas mutuellement et la République Populaire de Chine considère l’île de Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire.
La dictature de Mao sera marquée en outre par l’invasion brutale du Tibet en 1950 et par la Révolution Culturelle en 1969. Mais ça, c’est une autre histoire …



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