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La Révolution Russe et la naissance de l'URSS

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 29 déc. 2020
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 déc. 2020

Il y a 103 ans, s’est déroulé la plus grande révolution communiste de l’Époque Contemporaine. Elle a mis fin à près de 200 ans d’Histoire impériale en Russie et débute le long règne de terreur de l’U.R.S.S. Mais comment cette révolution a-t-elle bouleversé la géopolitique de l’Europe et du Monde ? Quels en sont les acteurs et les causes ?



Le Contexte historique :



Nicolas II

Au début du XXème siècle, cela fait 200 ans que la dynastie Romanov gouverne l’Empire de Russie. L’abolition du servage en 1861 relance la croissance économique et place l’Empire Russe comme la 3ème puissance du monde.

Mais le régime des Romanov est très autocratique et même si l’économie russe est florissante, elle est nettement inférieure à l’économie de la France ou des États-Unis. Le peuple russe gronde.

C’est de cette situation dont hérite le jeune tsar Nicolas II en montant sur le trône en 1894. À l’autocratie du régime et à la crise économique, viennent s’ajouter les défaites militaires démoralisantes contre le Japon en 1905 et les inégalités sociales. Un très grand nombre d’ouvriers et de syndicalistes sont tentés par les belles idées de Marx, importées en Russie avec la scolarisation.

En janvier 1905, les Russes sont décidés à faire entendre leur mécontentement au Tsar. Le 22 janvier 1905 (qui correspond au 9 janvier dans le calendrier Julien), plusieurs manifestants se réunissent devant le palais impérial pour demander des réformes et du pain. L’armée réprime le soulèvement sans l’accord de Nicolas II. Il y a plusieurs centaines de morts. Cet événement, appelé

le "Dimanche Rouge"

le « Dimanche Rouge », marque le début de la Révolution de 1905.

En réaction à cette révolution, Nicolas II accepte de démocratiser le régime et crée la Douma, le Parlement Russe. Mais c’est une démocratie de façade, la Douma est sous le contrôle du Tsar, qui la remanie à sa guise.

En 1914, la 1ère Guerre Mondiale éclate. Encouragé par ses conseillers, Nicolas II fait rentrer son pays dans le conflit. Mais depuis son entrée en guerre, la Russie multiplie les défaites et les pertes sont nombreuses. Pour ne rien arranger, les usines ont un faible taux de production, les chemins ferroviaires ne sont pas sûrs et il y a un très mauvais ravitaillement des troupes russes. Cette situation va pousser de nombreux soldats à se mutiner. Les famines sont de plus en plus fréquentes. La Douma conseille à Nicolas II de former un gouvernement constitutionnel pour mieux gérer le pays mais celui-ci ne tient pas compte du conseil. Dès 1915-1916, ce sont les coopératives et les syndicats qui prennent en main le pouvoir. Le Tsar ne gère plus grand chose.




D’une révolution à l’autre :


Le 8 mars 1917 (qui correspond au 23 février dans le calendrier Julien), une manifestation de femmes éclate pour demander à nouveau des réformes, du pain et le retrait de la Russie du conflit mondial. Aux femmes, viennent se greffer des ouvriers mécontents. C’est le début de la Révolution de Février. Rapidement, des cadres de l’armée se joignent aux manifestants pour demander le départ de Nicolas II. La révolte va durer une semaine.

Au cours de cette révolution, est créé le Conseil de Petrograd par des membres du POSD (Parti Ouvrier Social-Démocrate). C’est la minorité du Parti, les Menchéviques, qui va diriger ce Conseil (Soviet en russe). C’est le Soviet qui est en charge de l’organisation des grèves et des manifestations. Sous la pression populaire, le Tsar est contraint d’abdiquer le 15 mars 1917. Son frère, le grand-duc Michel, refuse la couronne. C’est la fin du Tsarisme.

Nicolas II et sa famille sont placés en résidence surveillée au palais d’Été de Starskoïe Selo. Un gouvernement provisoire est formé dans l’attente d’élections officielles qui sont censées se dérouler en septembre 1917. Ce gouvernement fait passer de grandes mesures comme l’abolition de la peine de mort et le suffrage universel. Il est dirigé par 2 entités politiques : le président Gueorgui Lvov et ses ministres, qui sont libéraux, et le Soviet, qui est socialiste. Mais cette période d’allégresse est de courte durée car les intérêts des uns s’opposent à ceux des autres.

Trois camps se forment : les Démocrates, qui ne pensent qu’à garder leur pouvoir et leur richesse, le Peuple, qui demande toujours plus de réformes et les Bolchéviques, la majorité du POSD, des révolutionnaires communistes qui pensent à instaurer un pouvoir d’un nouveau genre. Les Bolchéviques sont menés par un certain Vladimir Ilitch Lénine.



Vladimir Ilitch Lénine

Lénine naît en 1870 dans une famille de bourgeois. Il n’a que 17 ans en 1887 lorsque son frère est pendu sous ses yeux pour avoir fait un attentat contre le Tsar. Cet évènement traumatique va le conduire à une vraie haine contre le Tsarisme. Très jeune, il devient adepte du communisme et devient un opposant à Nicolas II, ce qui lui vaudra d’être déporté en Sibérie. Suite à sa libération, il va s’exiler en Suisse. En 1905, il va participer aux révoltes populaires contre le Tsar mais les révoltes sont matées et il s’exile de nouveau en Finlande et retourne en Suisse.

Là, il se prend de passion pour l’histoire de la Révolution Française et compte reproduire la même chose dans son pays. Il retournera en Russie avec son ami Léon Trotsky, lui aussi séduit par le Marxisme, après la Révolution de Février. C’est là qu’ils décident de diriger le petit parti politique des Bolchéviques. Sous leur direction, les Bolchéviques vont devenir la principale force politique de Russie. Mais en juillet 1917, Lénine est à nouveau exilé en Finlande suite à une tentative de coup d’état ratée appelée les « Journées de Juillet ». Il ne reviendra qu’au mois d’octobre 1917 mais depuis la Finlande, il anime la haine du peuple à l’égard du gouvernement provisoire par l’intermédiaire de Trotsky et de son nouveau porte-parole : Joseph Staline. Ils vont être aidés dans leur entreprise par la tentative de coup d’état du général Kornilov, chef de l’armée, qui révèle la faiblesse du gouvernement.

Contrairement au gouvernement, le Soviet s’est préparé à contrer le coup d’état de Kornilov en faisant alliance avec les Bolchéviques. Le Comité Militaire Révolutionnaire est créé. Le 14 septembre 1917, la Russie devient officiellement une République mais personne ne la prend au sérieux, le Soviet ayant une grande influence sur les ouvriers mais ne faisant rien et la Douma ayant perdu le contrôle de l’armée.


Lénine annonçant la victoire du peuple

À la fin de septembre 1917, les Bolchéviques prennent le contrôle du Soviet et Trotsky en devient le président. Le 7 novembre 1917 (24 octobre 1917 dans le calendrier Julien), Lénine, Trotsky et les Bolchéviques passent à l’action. Avec l’aide du peuple et de ses amis, il s’empare des points stratégiques de la ville de Saint-Pétersbourg et déclare dans un communiqué la destitution du gouvernement. Dans l’après-midi, il clame devant le peuple russe un discours dans lequel il annonce la réussite de « la Révolution des ouvriers et des paysans ». Dans la nuit, le Palais d’Hiver, le centre du pouvoir, tombe aux mains des insurgés. Un nouveau régime est à l’ordre du jour : le régime Soviétique. Dès le lendemain de la Révolution d’Octobre, les Bolchéviques font passer des tas de décrets comme la collectivisation des terres, le pouvoir des syndicats, la nationalisation des banques et l’indépendance de la Finlande (qui était une possession de la Russie), mais ce décret ne sera appliqué qu’en 1920. Pour faire passer toutes ces mesures, les Bolchéviques se basent majoritairement sur le contrôle des comités syndicaux basés dans les principales villes russes.

Une police politique, la Tchéka, est créée le 20 décembre 1917. Le 23 février 1918, Trotsky crée l’Armée Rouge. Le 3 mars 1918 est signée la paix de Brest-Litovsk avec l’Allemagne et l’Empire Ottoman, qui permet à la Russie de se retirer de la 1ère Guerre Mondiale malgré la perte de la Pologne, prise par l’Allemagne.



De la Guerre Civile à la naissance d’une Nation :


Mais la perte des territoires russes n’est que le cadet des soucis des Bolchéviques : l’armée russe n’est plus sous les ordres de personne, le gouvernement provisoire ayant été dissout. Certains généraux vont quitter Petrograd pour former des milices antibolchéviques. Une nouvelle armée se crée, l’Armée Blanche. Cette armée se développe principalement dans la région de Kouban, au sud de la Russie, et en Sibérie. Par précaution, les Bolchéviques déplacent le siège de la capitale de Petrograd à Moscou.



Exécution de la famille Romanov

Une guerre civile éclate alors entre l’Armée Rouge, fidèles aux Bolchéviques, et l’Armée Blanche, qui veut rétablir Nicolas II et sa famille au pouvoir. Les Blancs sont en position de force car ils sont soutenus par toutes les puissances européennes, qui voient d’un mauvais œil l’avancée du Communisme en Europe. À l’approche des Blancs, la famille impériale est déplacée du palais de Starskoïe Selo jusqu’à la ville d’Iekaterinbourg. Très vite, une rumeur se répand que le roi d’Angleterre Georges V cherche à faire évader Nicolas II et sa famille.

À l’été 1918, un télégramme parvient aux geôliers de la famille impériale avec un ordre précis : exécuter tous les membres avec tous leurs serviteurs. Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, Nicolas II, sa famille et ses serviteurs sont réveillés et descendent dans la cave de la villa où ils sont retenus. Les geôliers lisent la sentence de mort et font feu sur la famille impériale. Nicolas II et sa femme sont tués sur le coup et leurs enfants sont achevés à la baïonnette. Leurs corps ne seront retrouvés qu’en 1990 et inhumés dans la Cathédrale Pierre-et-Paul de Saint Pétersbourg.


Mais malgré tout, les Bolchéviques sont dans une situation critique. Leur seul espoir est qu’une révolution communiste éclate dans un autre pays européen et les socialistes ont échoué à prendre le pouvoir en Allemagne en 1918 avec leur révolution. Mais les Bolchéviques réussissent néanmoins à repousser l’Armée Blanche en Sibérie et comble de chance, au début de l’année 1919, la Hongrie devient un pays communiste suite à une révolution. Mais quelques mois plus tard, les armées roumaines et serbes renversent le régime communiste hongrois. Les Bolchéviques se retrouvent seuls à nouveau.


Carte de l'URSS

En 1920, les États Baltes sont reconnus comme indépendants et l’Ukraine est reconnue comme une république socialiste à part. De plus, la Russie essaie de faire la jonction entre la Pologne qui s’apprête à devenir communiste. Mais la situation dégénère en guerre et en 1921, la Pologne reste indépendante et non-communiste. En 1921, l’Armée Blanche est désorganisée, divisée et la plupart des soldats ont renoncé à la guerre.


Le 30 décembre 1922, les républiques socialistes d’Ukraine, de Transcaucasie et de Biélorussie fusionnent avec la République Soviétique de Russie pour former l’URSS (l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques) et le 16 juin 1923, la guerre civile est terminée. Lénine n’aura pas le temps de profiter pleinement du pouvoir puisqu’il en sera écarté à cause de sa piètre santé et il meurt le 21 janvier 1924. Il lègue l’URSS à ses 2 disciples, Trotsky et Staline. Mais Lénine souhaitait que ce soit Trotsky qui hérite du pouvoir car il trouvait Staline trop brutal.

Et comme vous le savez, l’Histoire lui donnera raison …


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