La vérité sur la Révolution Française (1/2)
- Ilias B.
- 14 juil. 2020
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 déc. 2021
À l’été 1789, un bouleversement survient en France : un peuple se soulève contre son Roi. Nous connaissons tous plus ou moins la date de la prise de la Bastille ou de l’exécution de Louis XVI. Mais quelle vérité se cache derrière la Révolution Française ? Ces événements que nous avons dû apprendre dans notre enfance se sont-ils déroulés comme on nous l’a si souvent raconté ? Et en fin de compte, quels étaient les réels enjeux de la Révolution la plus célèbre de l’Histoire ? Dans cet article, je vous propose de découvrir la face cachée de la Révolution Française.
Le Contexte :
Pour comprendre les causes de la Révolution Française, il faut remonter là où tout a commencé en 1774 : cette année-là, le roi Louis XV décède. C’est son petit-fils qui lui succède sous le nom de Louis XVI. Pendant très longtemps, Louis XVI a été pris pour un roi sans personnalité, qui ne s’intéressait qu’à la serrurerie au lieu de se concentrer sur les affaires de l’État. C’est une idée reçue.

Bien au contraire, Louis XVI était un monarque très éclairé, très intelligent, pur produit des Lumières, épris des progrès techniques et scientifiques de son temps et qui avait beaucoup de centres d’intérêts notamment l’Histoire et la Géographie. Preuve en est qu’il n’hésite pas à envoyer le capitaine François de Lapérouse en expédition autour du Globe. Ces idées reçues proviennent essentiellement des commérages des Nobles de la Cour qui, paradoxalement, ont scié la branche sur laquelle ils étaient. Louis XVI était tout simplement trop jeune, trop inexpérimenté pour gouverner et, surtout, les membres du Gouvernement en attendaient beaucoup trop de lui.
Il faut dire que la vie ne l’a pas vraiment aidé : il naît le 23 août 1754, au Château de Versailles. Il est le fils du Dauphin Louis et de sa femme Marie-Josèphe de Saxe. Louis a à peine 13 ans lorsque la tuberculose emporte ses parents. Il a 16 ans lorsqu’on le marie à la jeune Marie-Antoinette pour sceller la paix entre la France et l’Autriche à l’issue de la Guerre de Sept Ans. De ce mariage naîtra 3 enfants : Marie-Thérèse (appelée aussi « Madame Royale »), Louis Joseph (le Dauphin), Louis-Charles (le fameux enfant du Temple) et Sophie (qui meurt alors qu’elle n’avait pas encore 1 an). C’est dans ces conditions que Louis est sacré le 10 mai 1774 Roi de France et de Navarre à la suite de son grand-père.
Au début des années 1780, l’état du royaume est désastreux : les dépenses de la Couronne sont passées de 200 millions de livres en 1740 à 630 millions en 1788. Louis XVI a augmenté cette instabilité économique avec les dépenses militaires et, notamment, sa participation à la Guerre d’Indépendance Américaine qui a coûté 2 milliards de livres (4 fois le budget annuel de l’État). S’ajoutent à cela les dépenses d’entretien de Versailles, le salaire des courtisans et les frais et dépenses de la Cour qui sont exorbitants. Le problème économique devient d’autant plus grave que l’argent ne rentre même plus dans les caisses de l’Etat car les contribuables ne peuvent même plus payer et que le Royaume est obligé de faire plusieurs emprunts qui augmentent encore les dettes de l’État. Les intérêts continuent de grimper, plongeant la France au bord de la banqueroute.

La France de l’époque est aussi plongée dans un système féodal. La Société est divisée en 3 ordres : la Noblesse (le Roi, les Ducs, les Marquis, les Comtes, etc…), le Clergé (les Abbés, les Evêques, les Curés, etc…) et le Tiers-État (qui représente 97% de la population française et qui englobe aussi bien les petits paysans que les riches bourgeois). Ce système a été théorisé pour la première fois par Charles Loyseau en 1610. Il se base sur le principe suivant : le Clergé est censé prier et assurer le respect de la religion dans le Royaume tout en récoltant l’impôt dû à l’Église (la dîme), la Noblesse est censée récolter l’impôt de la taille et défendre le Royaume par les armes sans payer le moindre impôt, à part celui du sang (c’est-à-dire verser son sang pour le Roi) et le Tiers-État est censé travailler, gagner de l’argent pour ensuite payer les impôts au Roi, à la Noblesse et au Clergé. Ce système est très inégalitaire car, au XVIIIème siècle, la Noblesse ne paie même plus l’impôt du sang car elle ne se bat même plus et obtient des privilèges seulement par naissance.
Cette situation provoque le mécontentement du Tiers-État qui est dans une situation difficile dans les années 1780 : le 8 juin 1783, une violente éruption a lieu à Laki, en Islande. Cette éruption provoque un gigantesque nuage de poussière qui parvient jusqu’en France et même au-delà tuant des milliers de gens. L’éruption provoque également de nombreuses catastrophes naturelles comme des orages, une pluie de grêle qui anéantit bétail et récoltes ainsi qu’un hiver particulièrement rigoureux. Dans les campagnes, on réduit les salaires des ouvriers et les licenciements se multiplient. Le prix de la farine, donc du pain, crève le plafond, ce qui crée d’énormes files d’attente devant les boulangeries. Du côté de la Noblesse aussi, la colère gronde car, depuis un certain nombre d’années, la Couronne vend des titres nobiliaires pour renflouer les caisses de l’État.

Pour contrer l’inflation qui menace son royaume, Louis XVI a recours à son ministre, Jacques Turgot. Celui-ci présente une profession de foi simple : pas de banqueroute, pas d’augmentation de la taxation, pas d’emprunt. Le Ministre se lance dans des réformes audacieuses comme proposer une réduction des dépenses de la Cour, une croisade contre la spéculation (commerce qui profite à beaucoup de nobles), une libéralisation du commerce du grain ainsi que l’allègement de la corvée des paysans et l’imposition d’une taxe pour les riches propriétaires terriens de la Noblesse et du Clergé, ce qui revient à abolir les privilèges. Ces derniers se liguent contre lui et font pression auprès du Roi pour son renvoi. Paradoxalement, les réformes de Turgot surviennent la veille de mauvaises récoltes et d’une disette importante. Ne comprenant pas les principes de l’économie, le peuple met cette disette sur le compte de la réforme de libéralisation du commerce du grain et un grand nombre se soulève contre Turgot. Cet événement est nommé « la Guerre des Farines ». La coalisation Noblesse/Clergé joue sur cette révolte et force le Roi à licencier Turgot le 12 juin 1776. En apprenant son renvoi, Turgot aurait dit cette phrase prophétique à Louis XVI : « N’oubliez jamais, Sire, que c'est la faiblesse qui a mis la tête de Charles 1er (roi d’Angleterre) sur un billot ».
Quelques années plus tard, en 1783, Charles-Alexandre de Calonne est nommé Ministre des Finances. Administrateur de talent, il réussit à ramener une certaine prospérité économique au Royaume de France et lance un certain nombre de chantiers, ce qui ramène la confiance au sein de l’État. Mais en 1787, il propose la même solution que Turgot : mettre fin aux privilèges de la Noblesse et du Clergé et appliquer un nouvel impôt à tous les Ordres de la Société. L’Assemblée des Notables, essentiellement composée de nobles, refuse cette mesure et pousse Calonne à l’exil la même année.
L’Embrasement (1789-1791) :

Louis XVI se tourne alors vers son Ministre des Finances, Jacques Necker, pour trouver une solution. Devant cette situation catastrophique, Necker propose, en désespoir de cause, de rassembler les États Généraux. Il s’agit d’une assemblée composée des représentants des 3 Ordres, qui n’a pas été convoquée depuis plus d’1 siècle. Les États Généraux sont finalement convoqués le 5 mai 1789 dans l’Hôtel des Menus-Plaisirs, un pavillon du Château de Versailles. Les députés élus du Tiers-État en profitent alors pour rapporter des Cahiers de Doléances où sont notées les plaintes et les revendications des habitants de leurs circonscriptions respectives. Mais dès le début, les réunions déçoivent le Tiers-État car n’y sont abordés que les problèmes financiers du Royaume. Le Roi est très souvent absent des réunions. Les États-Généraux sont bien le cadet de ses soucis car un drame met en deuil la Famille Royale : le Dauphin Louis-Joseph, qui avait une santé fragile, décède le 4 juin 1789 à l’âge de 7 ans. Pendant que le Roi fait son deuil, les députés débattent de la manière dont seront votées les décisions, par têtes ou par Ordre. Finalement, c’est le vote par Ordre qui l’emporte. Les députés du Tiers-État sont mécontents car ils savent qu’ils n’ont aucune chance d’être entendus et que les Réformes seront toujours à l’avantage de la Noblesse et du Clergé dont les intérêts sont liés. Finalement, les députés du Tiers-État, rejoints par quelques députés de la Noblesse et du Clergé, proclament l’Assemblée Nationale le 17 juin 1789.

Le Roi, furieux, refuse de reconnaître la nouvelle Assemblée et fait fermer la salle des Menus-Plaisirs. Les députés du Tiers-État se réunissent donc dans la Salle du Jeu de Paume à côté. Une fois réunis, ces députés jurent solennellement de ne jamais se séparer avant d’avoir doté la France d’une Constitution, le 20 juin 1789. C’est le Serment du Jeu de Paume. Dès le 23 juin, Louis XVI déclare illégales les décisions de l’Assemblée Nationale, ordonne sa dissolution et demande aux députés des 3 Ordres de regagner les chambres qui leur sont affectées. Si les députés de la Noblesse et du Clergé obéissent sans poser de questions, les députés du Tiers-État désobéissent et restent. Le Roi envoie donc son maître de cérémonie, le Marquis de Dreux-Brézé, leur réitérer l’ordre de se séparer. C’est alors que selon la tradition populaire, le député Honoré de Mirabeau se lève et lui lance cette maxime : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ! ». A l’annonce du refus des députés de se séparer, Louis XVI lance cette phrase simple mais mythique : « Ils veulent rester ? Hé bien foutre ! Qu’ils restent ! ». Le 26 juin, Louis XVI accepte de reconnaître la nouvelle assemblée et le 9 juillet 1789, cette dernière se proclame « Assemblée Constituante ». C’est la fin de la Monarchie Absolue.

Sentant la situation lui échapper, le Roi décide de disposer une troupe de 20 000 Français mais aussi Suisses et Prusses, tout autour de la capitale pour la protéger d’un éventuel soulèvement. Cette décision provoque l’angoisse des Parisiens. Un autre événement survient : le renvoi de Necker par Louis XVI, le 11 juillet 1789. Ce renvoi ne fait qu’augmenter la colère du Peuple car ce dernier considérait Necker comme un des seuls à pouvoir faire une Réforme à son avantage. Le 12 juillet 1789, le lendemain du renvoi de Necker, un jeune avocat du nom de Camille Desmoulins harangue la foule près des grilles du Palais Royal et l’incite à se soulever, prétextant que les nobles préparent une « Saint-Barthélemy des patriotes ». L’appel est entendu et, presque immédiatement, les soldats interviennent et dispersent violemment la foule. Les Parisiens s’emparent de fourches, de piques et de pierres et repoussent les troupes.

Le 14 juillet 1789, les Parisiens décident de s’armer pour se défendre et prennent d’assaut le Palais des Invalides où se trouve le principal stock d’armes de l’armée royale. La prochaine destination des insurgés est la Bastille où se trouve la poudre pour garnir les armes raflées un peu plus tôt. Une délégation est envoyée pour entamer les négociations avec Bernard de Launay, le Gouverneur de la Bastille, pour qu’il retire les canons de la forteresse qui menacent le quartier Saint-Antoine et pour qu’il livre la poudre contenue dans la Bastille. De Launay accepte de retirer les canons mais refuse catégoriquement de livrer la poudre en tant qu’officier du Roi. À l’extérieur, la foule s’impatiente car les négociations durent plus de 3 heures : certains pensent que les délégués ont été faits prisonniers, ce qui alimente les tensions. À 13h30, une explosion retentit : la foule prend peur et croit que De Launay a donné ordre de tirer. Des insurgés parviennent à entrer dans la forteresse et brisent les chaînes du premier pont-levis à la hache. Les soldats agitent leurs chapeaux pour demander aux insurgés de reculer mais ces derniers ne comprennent pas et croient que c’est un signe d’accueil et se rapprochent encore plus de la forteresse. De Launay ordonne à ses hommes de tirer. La fusillade fera au total 98 morts et 73 blessés chez les insurgés. Au bout de quelques heures de siège, le gouverneur De Launay accepte de se rendre et abaisse le second pont-levis. Il est massacré par la foule et sa tête sera mise au bout d’une pique et promenée dans tout Paris, comme 6 défenseurs de la Bastille. Les assaillants en profitent pour libérer les prisonniers de la Bastille car, ne l’oublions pas, la Bastille est une prison d’État. Sa prise représente tout un symbole car, pour les Parisiens, la Bastille est le symbole de la Monarchie Absolue car le Roi pouvait faire incarcérer ses opposants par une simple lettre de cachet. Quelle n’est pas la surprise des assaillants en découvrant que la Bastille ne compte que 7 prisonniers : 4 faux-monnayeurs, 2 fous et un noble incarcéré par sa famille pour « acte de débauche » et « action monstrueuse ». La forteresse de la Bastille est démolie le lendemain. Selon la tradition populaire, Louis XVI n’apprendra la nouvelle que le soir de la bouche du Duc de la Rochefoucauld-Liancourt. S’ensuit alors ce dialogue célèbre : « C’est une révolte ? », « Non Sire, c’est une révolution ».

Le 17 juillet, le Roi se rend à l’Hôtel de Ville, nouvelle place forte de la protestation populaire. Pour se rapprocher du peuple, il accepte de porter sur lui la cocarde tricolore, le nouveau symbole de la Nation. Mais à partir du 20 juillet, les campagnes sombrent dans la violence et le chaos. Partout la rumeur se répand que les aristocrates complotent pour égorger les paysans. Ces derniers se mettent à assaillir les châteaux ainsi que les églises et à brûler les impôts et s’en prennent à leurs seigneurs. Cette montée de violence est surnommée « la Grande Peur » car les paysans ont peur des représailles des nobles pour les événements de Paris et du 14 juillet. Un grand nombre de nobles fuient la France dont le frère du Roi, le comte d’Artois (le futur Charles X).

Cette situation dure jusqu’à la nuit du 4 août 1789. Cette nuit-là, les membres de la Noblesse et du Clergé renoncent à tous leurs privilèges. Le 26 août, l’Assemblée décrète la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (DDHC), qui accorde les libertés individuelles, de la presse et d’opinion religieuse. Mais malgré tout, les paysans sont mécontents car ils se rendent compte qu’ils doivent racheter leurs droits à des sommes beaucoup trop élevées pour eux. Le système féodal ne tombe que le 17 juillet 1793. En septembre 1789, Louis XVI refuse de signer la DDHC et de reconnaître l’abolition des privilèges, tandis que l’Assemblée rédige la nouvelle Constitution de la France. Mais entretemps, Paris reste dans une situation de grande pauvreté et de chômage. Le 3 octobre, une rumeur se répand selon laquelle, lors d’un banquet à Versailles, le Roi a refusé de boire au nom de la Nation et que des soldats du régiment des Flandres ont piétiné la cocarde tricolore. On pense que Louis XVI est beaucoup trop influencé par les grands seigneurs de Versailles et doit venir à Paris pour assurer le ravitaillement de la capitale.

Le 5 octobre 1789, une poignée de femmes armées marchent sur le Château de Versailles pour demander le retour de la famille Royale à Paris et la ratification de la DDHC et l’abolition des privilèges. Louis XVI accepte. Mais le lendemain, 6 octobre, les femmes prennent d’assaut le Château de Versailles et contraignent Louis XVI et sa famille à aller à Paris sous la surveillance étroite d’un cortège de 60 000 personnes qui transporte sur des piques les têtes des gardes royaux massacrés durant l’assaut. Louis XVI et sa famille emménagent au Palais des Tuileries. Versailles cesse à jamais d’être la résidence des rois de France.

Finalement, 1790 vient. Cette année-là, on célèbre le 1er anniversaire de la prise de la Bastille. C’est la Fête de la Fédération. Durant cette fête, le Roi jure solennellement fidélité à la Nation. C’est cet événement qui est célébré durant la fête nationale du 14 juillet. C’est l’ère du changement : tout d’abord, l’Assemblée veut découper le territoire français en 83 départements. Il faut aussi uniformiser les poids et la monnaie : la nouvelle monnaie nationale est l’Assignat. Le 12 juillet 1790, les députés de l’Assemblée Nationale font voter le décret de la Constitution Civile du Clergé, un décret qui crée une nouvelle Église, l’Église Constitutionnelle, et qui nationalise les biens de l’Église. Les prêtres français, qui sont liés par serment au Pape et à l’Église, doivent rompre ce serment et jurer fidélité à la Nation. Le pape Pie VI condamne officiellement ce texte le 10 mars 1791 et, le 15 mars, les relations diplomatiques entre la France et le Vatican sont rompues. Les prêtres qui jurent fidélité à cette Constitution sont surnommés les Prêtres Jureurs et ceux qui restent fidèles au Pape sont surnommés les Prêtres Réfractaires.

Dans la nuit du 21 juin 1791, tout bascule : les courtisans retrouvent les lits de la Famille Royale vides, les membres de la Famille Royale ont pris la fuite. Une fois arrivés à Sainte-Menehould, dans la périphérie de Varennes, ils sont reconnus par un maître de poste appelé Jean-Baptiste Drouet qui donne l’alerte et la Famille Royale est arrêtée en arrivant à Varennes. La légende voudrait que Drouet ait reconnu Louis XVI grâce à une pièce de monnaie mais les historiens s’accordent aujourd’hui à dire que cette histoire est montée de toutes pièces. Le Roi est immédiatement ramené à Paris au milieu d’une foule silencieuse mais haineuse qui ne se découvre même plus sur son passage. Encore aujourd’hui, les raisons qui ont poussé Louis XVI et sa famille à fuir restent un mystère pour les historiens. Cette fuite a divisé les révolutionnaires en 2 camps : les Cordeliers, dirigés par George Danton et Jean-Paul Marat, et les Jacobins. Bien sûr, les 2 camps s’accordent à dire qu’il faut chasser le Roi mais c’est pour la suite qu’ils sont divisés. Les Cordeliers veulent l’éradication totale de la Monarchie et l’instauration d’une République alors que les Jacobins souhaitent placer l’un des leurs, Philippe d’Orléans appelé aussi Philippe-Égalité, le propre cousin du Roi comme Régent. L’Assemblée Constituante veut que la Révolution s’arrête (du moins officiellement) et fait passer un décret qui innocente le Roi et le rétablit dans ses fonctions. C’en est trop pour le peuple : des caricatures représentant la Famille Royale en forme de porcs circulent dans toute la France.

Le 17 juillet 1791, Danton et Marat appellent les parisiens à se réunir sur le Champ de Mars pour signer une pétition qui destitue le Roi et instaure la République. Mais la manifestation dégénère et la Garde Nationale, commandée par La Fayette, commence à tirer sur la population. Il y a une cinquantaine de morts. Le 3 septembre 1791, la nouvelle Constitution française est votée. L’Assemblée Constituante se dissout pour laisser place à l’Assemblée Générale. C’est le début d’un nouveau régime : la Monarchie Constitutionnelle. D’un côté il y a l’Assemblée générale, indissoluble et composée de 745 députés élus pour 2 ans, qui possède le pouvoir législatif et de l’autre, il y a le Roi des Français, héréditaire, inamovible et lié par serment à la Constitution, qui possède le pouvoir exécutif. Le Roi a le droit de nommer ou révoquer son Gouvernement, il fait respecter la législation et a un droit de véto suspensif de 4 ans. L’Assemblée, quant à elle, est indissoluble et est composée de 745 députés élus pour 2 ans. Cette nouvelle Assemblée établit le montant des nouveaux impôts proposés par le Roi, propose et vote les lois et décide de ratifier ou non les propositions de guerre ou de paix formulées par le Roi. Louis XVI accepte de prêter allégeance à la nouvelle Constitution le 13 septembre 1791. Le 20 avril 1792, Louis XVI autorise l’Assemblée à déclarer la guerre à l’Autriche. Par cette stratégie, il espère que les armées européennes sauront écraser les armées de l’Assemblée et le rétablir dans ses pouvoirs...
À suivre ...



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