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Le Génocide Arménien, la mort d'un peuple

  • Photo du rédacteur: Ilias B.
    Ilias B.
  • 14 avr. 2020
  • 3 min de lecture

A partir de 1915, l’Empire Ottoman se lance dans la 1ère Guerre Mondiale aux côtés de l’Axe. Mais le fait est qu’il est depuis longtemps en crise et cette crise va permettre entraîner de nombreuses défaites ottomanes face à la Triple-Entente. Pour remédier à cela, le gouvernement ottoman va perpétrer l’un des crimes les plus atroces du XXème siècle : le Génocide Arménien.

Le contexte historique :

Pour comprendre les origines du massacre, il faut récapituler certains faits énoncés dans l’article précédent : en 1915, l’Empire Ottoman (dirigé par Mehmed V) a perdu de sa superbe. Dans cet empire en état de mort cérébral, c’est le mouvement appelé « Jeunes Turcs » qui tient les ficelles dans l’ombre. Mais ce sont des administrateurs médiocres et leurs décisions ont généralement tendance à faire perdre des territoires à l’Empire. Un événement en particulier est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : le 17 janvier 1915, les Ottomans subissent une défaite humiliante face aux Russes à la bataille de Sarikamich. Le massacre de la communauté arménienne est prétexté par le gouvernement comme une mesure préventive contre des « ennemis de l’intérieur » qui affaiblissent l’Empire par leur trahison et leur collaboration avec les Russes.

Les massacres :

A partir du mois d’avril 1915, les 1ères victimes du génocide sont les intellectuels arméniens (qui pourraient soulever les foules par la parole), qui sont raflés, déportés et exécutés par centaines. Puis, les victimes sont les jeunes hommes de plus de 12 ans (capables de porter les armes). Les massacres se font généralement dans les villages et sont planifiés et exécutés par les autorités ottomanes avec la participation de la population turque, gavée de propagande. Après avoir trucidé les jeunes hommes en âge de porter les armes à coup de sabre, de couteaux et de fusils, les autorités déportent femmes, enfants et vieillards depuis Trébizonde, Van ou Kharput à travers le désert syrien.

Le taux de décès pendant chaque trajet est de 300 à 350 morts (les corps sont jetés à l’eau) et les femmes et les enfants sont tués de façon très sauvage. Ils sont déportés en masse dans des camps de concentration comme celui de Deir-es-Zor. Les autorités suppriment les enfants de moins de 5 ans pour ne pas laisser de témoins. Près du front russe, les massacres redoublent de violences : les maisons sont détruites et les civils sont brûlés vifs par des bataillons/commandos spéciaux de l’armée turque, composés de Kurdes qu’on a formé spécialement pour ça.

Après les massacres :

En Juillet 1916, les massacres touchent à leur fin. En effet, le gouvernement est obligé de les arrêter pour contrer le morcellement de l’Empire qui s’effectue à vitesse grand V. En 1918, la Triple-Entente gagne la guerre. Après le décès de Mehmed V, une commission d’enquête est mise en place par son successeur Mehmed VI, qui désigne le gouverneur Hasan Mazhar Bey pour la présider. Le but de cette commission est de faire la lumière sur le Génocide une bonne fois pour toute. Le rapport de la commission, établie le 21 novembre 1918, aboutit sur les cours martiales turques de 1919-1920, où les principaux responsables du Génocide sont jugés et condamnés à des peines de détentions ou à la peine capitale. Mais un certain nombre de responsables, dont les Pachas, fuient la Turquie et d’autres sont acquittés, faute de preuves contre eux. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : entre 1920 et 1922, un groupe d’Arméniens, résolus à venger leurs compatriotes, lancent l’Opération Némésis, une vague d’assassinats à l’encontre des responsables du Génocide en fuite. Fait étonnant : durant le procès à Berlin de l’assassin de Talaat Pacha, tête pensante des génocidaires, se tient parmi le public un certain … Adolf Hitler ! Hé oui, les nazis s’inspireront près de 30 ans plus tard de ce massacre pour la Shoah.

Bilan du Génocide :

De nombreux Arméniens ont été obligés de fuir leur pays et réclament encore réparation pour le tort qui leur a été fait. Le gouvernement Turc n’est pas près de leur accorder, prétextant que ce massacre était nécessaire dans des conditions de guerre. Le bilan de ces massacres est dramatique :


  • 600 000 assassinats.

  • 600 000 morts à cause de famines et de privations.

  • 1 200 000 morts au total.

En 1 an, 60% du peuple arménien a disparu, les 40% restants ont fuient la Turquie.

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