Vlad, l'homme derrière la légende de Dracula
- Ilias B.
- 2 févr. 2020
- 5 min de lecture
En 1897 naissait un des chefs-d’œuvre de la littérature d’épouvante mondiale : «Dracula» de l’écrivain irlandais Bram Stocker. Mais, ce que beaucoup de gens ignorent c’est que pour écrire son roman, Stocker s’est inspiré de faits réels. Pour commencer, nous allons découvrir la légende du plus célèbre des vampires et ensuite nous étudierons la vie de l’homme qui a inspiré cette légende sanglante.
La Légende de Dracula :
L’histoire commence dans la région roumaine des Carpates, à la fin du XIXème siècle. Nous suivons le voyage d’un jeune clerc de notaire anglais, Jonathan Harker. Il est ici pour vendre une propriété au comte Dracula qui habite dans la région. Il se rend à son manoir malgré les avertissements des paysans terrorisés. Finalement, il arrive tant bien que mal au manoir où il est accueilli par le comte. Le comte est décrit comme un vieil homme laid portant une longue moustache blanche. Pendant le dîner, Jonathan constate d’autres choses étranges (l’absence totale de miroirs dans toute la demeure, plaisir peu commun du comte à écouter le hurlement des loups, absence du comte la journée, fait qu’il ne peut pas se contrôler à la vue du sang, etc...), mais un événement va lui ôter tous ses doutes concernant la nature vampirique de son hôte. Un jour, Jonathan finit par atterrir dans une crypte lugubre. Il voit plusieurs boîtes rectangulaires et décide de soulever les couvercles. Il prend peur lorsqu’il découvre le contenu d’une de ces boîtes : le comte Dracula allongé, les bras croisés et les yeux ouverts. Il se rend bien vite compte qu’il dort. Il remarque aussi qu’il a rajeuni. Il est d’autant plus effrayé qu’il découvre avec horreur que toutes les portes de la demeure sont fermées. La nuit, Jonathan a du mal à dormir : il a peur que Dracula vienne lui sucer le sang. Il se réveille et va à sa fenêtre. Il a une vision d’horreur : le comte en train de grimper sur un mur, la tête en bas, avec sa cape semblable à des ailes de chauve-souris. Le jeune homme fait un rêve : il se retrouve aux prises avec 3 femmes vampires. L’une d’elles s’approche pour le mordre. Jonathan ne peut pas bouger, il est paralysé par la peur et le désir. Le comte rentre alors et interdit aux femmes de le toucher, prétextant qu’il est à lui. Mais il leur dit qu’il leur laissera les restes. Il sort de la pièce avec un sac d’où s’échappent des pleurs et des gémissements comme si un enfant était enfermé dans le sac. Jonathan finit par s’évanouir et se réveiller en se demandant si ce qu’il a vécu est un rêve ou non. La suite du roman raconte comment Jonathan et ses amis traquent le comte Dracula.
Vlad l’empaleur :
Pour écrire son roman, Bram Stocker s’est inspiré des nombreuses histoires de vampires qui jalonnent l’Europe de l’Est (un article sera prochainement dédié au mythe du vampire) et il s’est également inspiré de l’œuvre d’un autre écrivain irlandais Joseph Sheridan de Fanu, « Carmilla ». Mais il s’est inspiré principalement d’une personne bien réelle : le prince roumain Vlad III Tepes (« l’empaleur » en roumain). On estime qu’il est né entre 1431 et 1436. Son père Vlad II est le prince de Valachie, une région de de la Roumanie. Son surnom est Vlad « Dracul », qui signifie « dragon » ou « Diable » selon les cas. Plus tard, son fils sera
surnommé Vlad « Dracula », ce qui signifie « fils du dragon » ou « fils du Diable » (le « a » désignant l’ascendance en roumain). C’est de ce nom dont s’inspirera Bram Stocker pour son personnage. Il comptait l’appeler « comte vampire », mais il serait finalement tombé sur ce nom en lisant un livre dans la bibliothèque du British Museum sur l’Histoire de la Roumanie. Mais revenons à nos moutons : en 1442, Vlad a 12 ans. Son père le livre comme « otage d’honneur » avec son frère de 4 ans, Radu, comme gage de paix avec l’empire Ottoman. Les 2 enfants sont amenés à Andrinople (l’actuel Edirne en Turquie), capitale de l’empire (Constantinople ne sera choisie qu’un an plus tard). Dans la tradition, les otages d’honneurs sont bien traités mais il semble que Vlad l’ait été plus mal que bien (il aurait même subi des abus sexuels). C’est pendant cette captivité qu’il va assister à des démonstrations de l’atroce supplice du pal. Le principe de ce supplice est simple : le condamné est allongé de force sur une table et est enfoncé sur un pieu pointu. Le pieu est relevé et la gravité termine le travail. Vlad va rester en Turquie jusqu’en 1448 et son frère Radu, devenu Mignon du Sultan, jusqu’en 1462. En captivité, Vlad apprend que son père et son frère aîné ont été assassinés par une famille rivale. Il parvient à reprendre son trône avec l’aide des Ottomans (qui voit en lui un fantoche facile à manipuler). Mais en 1462, Vlad cesse de payer les impôts qu’il doit à ses suzerains turcs. Des émissaires sont envoyés à Targoviste, la capitale Valaque. Ils font l’erreur de refuser d’ôter leurs turbans devant Vlad. Mal leur en prend car le prince va régler le problème de manière radicale : il leur fait clouer leurs turbans sur la tête. De cet incident, va déboucher une guerre sanglante qui va durer 14 ans. Pendant ces 14 ans, le sadisme de Vlad sera sans limite. Pour exemple, il fait lui-même les plans du château de Târgovişte pour que sa chambre soit au-dessus de la chambre de tortures pour qu’il puisse s’endormir en entendant les cris des prisonniers et de nombreuses gravures (dont certaines faites de son vivant) le représentent en train de dîner devant des suppliciés empalés. Mais Vlad utilise surtout cette technique dans un but : effrayer ses adversaires. L’exemple le plus célèbre est l’attaque de nuit du 17 juin 1462 à Târgovişte. Vlad se fait passer pour un soldat turc et fait rentrer ses troupes de nuit dans le campement ottoman. Le lendemain, Quand le sultan Mehmet II se réveille, il a une vision d’horreur : 20000 soldats ottomans empalés sur la colline. Le sultan décide de rebrousser chemin et de rentrer à Constantinople mais charge Radu, le frère de Vlad, de continuer le combat. Finalement, Vlad est évincé du trône et se réfugie chez son voisin hongrois Matthias Corvin Ier qui le fait emprisonner. Finalement, il va s’échapper et remonter sur le trône mais pas pour longtemps car il va être battu et va mourir au combat à la fin du mois de décembre 1476. Sa tête aurait été envoyée à Constantinople comme preuve de sa mort. Mais quand on a ouvert sa tombe des années plus tard, elle était... vide ! Seuls ses habits reposaient au fond. Voilà l’histoire de l’homme qui a inspiré Dracula.









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